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Práxis

Os filósofos limitaram-se sempre a interpretar o mundo de diversas maneiras; porém, o que importa é modificá-lo.

Práxis

Os filósofos limitaram-se sempre a interpretar o mundo de diversas maneiras; porém, o que importa é modificá-lo.

L'Art pour surmonter la réalité

19.10.22

L'agus de plaisir

Nous vivons un de ces moments de l'histoire où l'humanité se trouve une fois de plus à la croisée des chemins. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les êtres humains n'ont faisait pas face à une banqueroute humanitaire générale. Cette crise - qui va s'approfondir et qui ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre pour être surmontée - conduit le monde à la faillite. Nous sommes sur la sellette entre l'humain et la barbarie et dans une bonne partie du globe le chaos est l'élément prédominant.

Dans ce contexte où les sociétés - conservatrices par essence - auront besoin d'avancer dans des mesures de résistance afin de faire quelques pas en avant justement pour ne pas avoir à reculer dans des conquêtes universelles, l'art devient incontournable. Friedrich Nietzsche disait déjà : « L’art nous est donné pour nous empêcher de mourir de la vérité. » Seul l'art peut transformer le désordre du monde en beauté et rendre acceptable tout ce qui est problématique dans le monde, achèverait l'auteur de cette fameuse phrase.

Voyez, cette phrase me semble avoir beaucoup de sens dans des temps sombres comme ceux que nous vivons ; en cette période où l'espoir semble se noyer, anéantissant les rêves pour lesquels nous nous battons afin de pouvoir nous construire comme sujets sociaux transformateurs et actifs dans ce monde qui nous a donné naissance, humains volatils. L'art comme refuge, comme échappatoire à ce processus de « durcissement » de l'âme et de reconfiguration esthétique du monde capitaliste, c'est ce dont nous parle le brillant philosophe prussien du XIXe siècle.

C'est une qualité prodigieuse de l'art : celle de servir d'instrument humain capable d'apaiser nos angoisses, d'adoucir le mépris pour les autres et de nous apporter un simple sourire dans les moments d'incrédulité et de désespoir. Re-signifier le monde et nous faire « sentir » la Beauté dans ses décombres, ses entrailles, nous aide à le porter et à avancer, rendant notre cheminement social beaucoup moins douloureux. Après tout, « sans sol », sans issue et sans espoir pour l'avenir, nous sommes paralysés.

Ce refuge, souvent nécessaire, peut être gratifiant, mais il est loin d'être le protagoniste isolé en ce qui concerne l'usufruit de les qualités artistiques. On attend beaucoup plus de l'art. Comment disait Ernest Fischer (La nécessité de l'art), l'art peut élever l'homme d'un état de fragmentation à un état d'être entier. Elle permet à l'homme de passer de l'en-soi au pour-soi. En ce sens, elle (l'art) instaure de nouvelles capacités en confirmation avec l'humanité des êtres. Plus que cela, en fait : elle permet à l'homme non seulement de comprendre la réalité, contribuant à la soutenir, mais aussi l'outille pour la transformer, dans la mesure où elle l'encourage à la rendre (la société) plus hospitalière à toutes les personnes. L'art est social, il est société : les deux termes et les deux concepts se croisent. Ce n'est pas un hasard si les secteurs les plus conservateurs de la société se dégoûtent de l'art.

Le monde est en miettes, complètement dilué dans idéologies. Brisé, fragmenté, enflammé. Et l'art véritable, en tant qu'outil de persécution et de lutte contre la bêtise générée par un capitalisme en crise et en décomposition, survit à sa marchandisation (pour le bien de tous !). Et tant qu'il poursuivra son chemin, il continuera à nous montrer le monde de manière transgressive, en le dépouillant de la dure réalité et en nous montrant avec des contours vifs, de manière dialectique, ce qui peut et doit être changé. Les rêves n'ont pas de date d'expiration, c'est bon à retenir ! Et même les fondations les plus solides sont de temps en temps balayées comme de la poussière. Il faut que nous avancions et que nous surmontions Nietzsche par le « positif », ou, comme dirait Trotsky, par la révolution permanente, pour ceux qui sauront se souvenir de lui encore, mais cette fois comme clé de mémoire, pour pouvoir dire aussi que l'art a enfin gagné.