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Práxis

Os filósofos limitaram-se sempre a interpretar o mundo de diversas maneiras; porém, o que importa é modificá-lo.

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Os filósofos limitaram-se sempre a interpretar o mundo de diversas maneiras; porém, o que importa é modificá-lo.

L'avare, de Molière: une œuvre universelle

05.12.18

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Écrit en 1668 par le Français Jean-Baptiste Poquelin, connu sous le nom de Molière, la comédie L’Avare est l’une des œuvres qui se tournent vers le texte de Plaute, intitulé Aulularia, écrit approximativement en 2 av. Bien qu'il établisse une relation intertextuelle avec le travail du dramaturge latin, il le transforme, lui attribuant de nouvelles tonalités.

 

C’est parce que L’Avare ne tire pas ses influences seulement de Plaute, mais il melange principalement des sources italiennes et françaises – qui proviennent en grande partie du théâtre populaire du Moyen Age – et les mélange avec le modèle latin. De sorte que, si nous rompons un parallèle entre la pièce de Molière et Aulularia, nous remarquerons quelques différences par rapport au mélodramatique.

 

En Aulularia, par exemple, il y a un autre noyau dans la narratif qui pousse le sujet principal du récit, dans ce cas l’avarice. Ainsi, nous voyons que dans la comédie de Plaute il y a aussi une relation entre la fille du protagoniste Euclion et le jeune homme qui l’avait abusée, aussi bien que la possibilité du mariage entre elle et Eudoro (cet homme là); précisément l’existence de ces relations est ce qui fait caractériser le jeu latin non seulement comme une comédie de caractères mais aussi comme une comédie d’intrigue.

 

Déjà dans L’avare, bien que le caractère de miser soit également maintenu chez Harpagon, le protagoniste du complot, il y a dans cette avarice une contradiction non retrouvée en Aululária. Ainsi, si Euclião n’interfère pas directement avec la relation de sa fille avec son « consort », Harpagon est tout le contraire: en émettant le bonheur conjugal de ses enfants en empêchant leurs relations amoureuses, ils assument un certain proéminence, partageant l’espace de la scène avec la propre avarice.

 

Cette question peut être observée au tout début de l’œuvre, dans le deuxième discours de Cléante, fils d’Harpagon, qui afirme aimer quelqu’un, mais qui, selon son père, abandonne ses volontés :

 

Harpagon : Oui, j’aime. Mais avant que d’aller plus loin, je sais que je dépends d'un père, et que le nom de fils me soumet à ses volontés; que nous ne devons point engager notre foi, sans le consentement de ceux dont nous tenons le jour; que le Ciel les a faits les maîtres de nos vœux, et qu’il nous est enjoint de n’en disposer que par leur conduite; que n’étant prévenus d’aucune folle ardeur, ils sont en état de se tromper bien moins que nous, et de voir beaucoup mieux ce qui nous est propre ; qu’il en faut plutôt croire les lumières de leur prudence, que l’aveuglement de notre passion; et que l’emportement de la jeunesse nous entraine le plus souvent dans des précipices fâcheux. Je vous dis tout cela, ma sœur, afin que vous ne vous donniez pas la peine de me le dire : car enfin, mon amour ne veut rien écouter, et je vous prie de ne me point faire de remontrances.

 

Même avant, dans une conversation entre Valère et Élise, il lui conseille de ne pas avoir peur d’être jugée par la société; dit que l’avarice et l’austérité du père justifient sa conduite. En d’autres termes, au premier moment où l’adjectif « avarice » apparaît dans la pièce, il est directement lié aux valeurs chrétiennes présentes dans l’œuvre et à l’oppression du père à sa fille.

 

En Aulularia, ces relations n’acquièrent pas ce schéma. Au contraire, ces relations sont secondaires. En fait, il n’y a aucun dialogue (au moins ce qui reste du travail) entre Euclion et sa fille, ni la relation entre eux n’est pas décrit. Les indices qui nous laissent Plaute nous renvoient simplement aux coutumes à l’époque de l’Empire romain, et non à l’amour que l’on ressent pour elle. Il y a une déviation de caractère, mais cela n’interfère pas dans la vie de son héritière.

 

Le personnage de Molière aime profiter de l’avantage pécuniaire dans toutes ses relations personnelles, même celles avec les gens de son noyau familial. Ce fait résume les aspects importants de la constitution de l’avare: attire l’attention sur l’absence de toute forme de bons sentiments, met en évidence leur capacité à sortir de toute situation qui présente un risque de perdre de l’argent et met en évidence l’activité d’usuraire, trace attribué par Molière à la personnalité de l’avare, afin d’élaborer une critique sociale à la pratique des prêts dans des conditions abusives.

 

Quand nous regardons les deux premières scènes de L’Avare, par exemple, nous remarquons l’absence du protagoniste, bien que plusieurs allusions soient faites à Harpagon. Cependant, comme les caractéristiques décrites de son caractère, ces allusions accentuent le caractère oppressif du caractère associé evidemente à leur avarice. Si nous comprenons les caractéristiques d’un personnage comme ce qu’il fait, ce qu’il dit et qui parle de lui, on peut dire qu’à Harpagon l’emporte sur ce qu'il dit de lui, mettant en évidence des aspects qui ne sont pas comiques.

 

L’élément comique apparaîtra seulement dans la troisième scène, au cours de laquelle le personnage principal est également caractérisé par ce qu’il fait et ce qu’il dit. Il est dans ce contexte qui donne l’épisode des mains, dans lequel, de façon similaire à Plaute, Molière a mis son avide de demander aux autres mains de Flèche, le serviteur de son fils, après avoir exposé les deux mains. En plus de cet épisode, qui a une fonction claire de faire rire des actions de l'avide, il a aussi l'apparition de divers « a parts »,produites à la fois par l’avare et par le serviteur. Ces ressources, assez courantes dans toute la tradition dramatique occidentale, visent à établir une complicité entre le personnage et le public et contribuent également à provoquer le rire du public.

 

En attribuant ces traits à son avare, il est possible de voir que Molière favorise leur différenciation en ce qui concerne le caractère de Plaute. Euclion était après tout un homme pauvre, mais Harpagon ne partage pas ces mêmes traits ; au contraire, il se définit comme un homme riche qui exploite les hommes pauvres en leur imputant un intérêt élevé. Cela ne met pas en valeur le ridicule de son avarice, mais l’insensibilité et le caractère répréhensible de ses actions. Autant n’est pas le pauvre Harpagon que la phrase la plus fréquente dans sa bouche se réfère précisément à la richesse: « mon riche mâle ».

 

De ce point de vue, il n’est pas un sophisme d’affirmer que la caractérisation de l’avarice travaillée par Molière est influencée par les valeurs chrétiennes, dans la mesure où la richesse finit par dénigrer l’être humain. Harpagon n’est pas un homme pauvre comme Euclion parce que dans la vision chrétienne les pauvres sont décrits comme de bons hommes, qui seront récompensés. C’est un homme riche, et un homme riche « pollué » par un péché capital, qui finit par apporter de la souffrance à ceux avec qui il vit.

 

Pourtant, bien qu’il ne soit pas pauvre, l’avare de Molière prétend l’être. Et en ce sens, il est proche de celui de Plaute, puisque, comme ce dernier, il n’admet pas avoir de l’argent:

 

Cléante : Mon Dieu, mon père, vous n’avez pas lieu de vous plaindre e l’on sai que vous avez assez de bien.

Harpagon : Comment ! J’ai assez de bien ? Ceux qui le disent en ont menti. Il n’y a rien de plus faux, et ce sont des coquins qui font courir tous ces bruits-là.

 

Ainsi, l’avare Harpagon, comme Euclion, craint que le fait de savoir qu’il a de l'argent est un risque pour son existence même.

 

Mais si Euclion regrette d’avoir gardé l’or dans son pot depuis si longtemps, Harpagon ne le fait pas. Même si dans les deux cas ils ont eu leur argent volé. Dans le cas du protagoniste de Molière, grâce à sa stabilité financière: comme un usurier, de façon exponentielle multiplié leurs actifs par intérêt abusifs. Ne fait également aucun doute dans Harpagon entre l'amour et l'argent, même si, selon le protagoniste, Mariana n’était qu’un caprice. Après tout, comme l’a déclaré Flèche, « l’amour n'a pas été créé pour des gens comme lui ».

 

Il n’est pas étonnant qu’il n’y ait pas de regret dans Harpagon pour son avarice, comme dans Euclion, qui donne au gendre le trésor retrouvé, bien qu’il y ait aussi une « fin heureuse » dans les deux récits, mais de qualités différentes. Si pour Euclion le bonheur consiste précisément dans le fait qu’il s'est affranchi des liens de son or qui l’emprisonnait dans la marmite, le bonheur d’Harpagon consiste précisément dans le fait qu’il a recouvré son argent. Ainsi, si Euclião est victime de son avarice, on ne peut pas en dire la même chose de Harpagon.

 

À cet égard, nous pouvons dire que l’avariceest le personnage central dans la commédie de Plaute. Dans le cas de Molière, Harpagon est un avarre, mais ses fautes ne se limitent pas à l’avarice; sont associés à des déviations de leur caractère, typiques de leur classe sociale. Ainsi, à la différence du travail latin, la pièce de Molière est aussi une critique de la petite bourgeoisie de son temps, qui montrait déjà les contours de ce qui allait devenir des années plus tard.